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1. Evolution de l’environnement sectoriel
1.1. Développement local et décentralisation
Au Bénin, le transfert de la maîtrise d’ouvrage de cinq politiques sectorielles (enseignement primaire et maternel, secondaire et professionnel, santé et assainissement, énergie et eau potable, agriculture) a été amorcé avec un transfert de ressources financières aux communes.
A Madagascar, l’organisation du référendum pour le changement constitutionnel en septembre 2010 a constitué l’aboutissement d’un long processus de dialogue national. Dans la foulée, le pouvoir a pris l’initiative d’organiser des élections communales anticipées en décembre 2010. Malgré ces multiples initiatives prises pour sortir de la crise, la reconnaissance internationale n’était toujours pas acquise à la fin de l’année.
Le Togo demeure le dernier pays d’Afrique de l’Ouest à n’avoir pas encore engagé le processus de décentralisation et l’organisation d’élections locales. Reportées maintes fois, elles ont été annoncées pour juin 2011. Cela étant, les collectivités existantes souhaitent se préparer à une prochaine communalisation totale ou partielle à l’échelle des cantons.
1.2. Agriculture, filières et marché
En Afrique de l’Ouest, l’insuffisance et la mauvaise répartition des pluies au Sahel en 2009 ont conduit à une baisse importante de la production agricole et fourragère en 2010. Dès novembre 2009, les systèmes d’alerte précoce ont été activés. En dépit de ces signaux d’alerte, les réponses des gouvernements, bailleurs, agences et ONG ont été tardives et d’un niveau insuffisant. Les marchés locaux sont restés, dans leur majorité, approvisionnés en céréales mais avec des prix élevés.
A Madagascar, la grave crise politique qui marque le pays est source d’un fort ralentissement économique. Les principaux bailleurs de fonds ont suspendu leur soutien notamment à la « révolution verte » lancée par le précédent gouvernement, ce qui a eu des conséquences très négatives sur le secteur agricole qui représente 28% du PIB et 20% des exportations.
1.3. Microfinance, entreprises et emplois
En Afrique de l’Ouest, l’année 2010 est marquée dans le secteur de la microfinance par un approfondissement de la crise financière et ses retombées sur les IMF. Les investisseurs ont ralenti leurs opérations entraînant la dégradation du portefeuille de crédit dans bon nombre d’IMF. Cette situation a, en retour, alimenté des positions de prudence des bailleurs et investisseurs.
L’Afrique de l’Est a connu une année de relative stabilité politique et sociale. Dans cet environnement, les affaires économiques ont repris, avec des arrivées de nombreux investissements privés. Dans le secteur de la microfinance rurale, les investissements ont été importants notamment dans le financement des chaînes de valeur agricoles.
A Madagascar, la situation politique instable et les effets conjugués de la crise économique et financière ont abouti à la stagnation du secteur de la microfinance et la dégradation des portefeuilles de crédits pour beaucoup d’IMF existantes.
1.4. Assurance maladie
Au Bénin, l’incertitude sur la forme que prendra le régime d’assurance maladie à vocation universelle demeure. Après avoir opté pour un schéma décentralisé la tendance actuelle s’oriente davantage vers un schéma à gestion plus centralisée. En Guinée, les campagnes des élections présidentielles et les délais pris dans l’annonce de leurs résultats ont créé un climat d’incertitude. L’annonce de la gratuité des soins pour les accouchements dans les services de l’Etat a eu un effet négatif immédiat sur l’adhésion des villages au produit maternité sans risque.
Au Tchad, le démarrage du programme a plus ou moins coïncidé avec l’instauration par le Ministère de la Santé de la gratuité des premiers soins, sans que le « panier » de soins soumis à exemption soit précisément défini, et sans que des mesures compensatoires n’aient été proposées.
En Ouganda, la gratuité officielle de certains soins dans les services publics a été maintenue, malgré son application toute relative. Une réflexion est en cours au niveau national pour créer des systèmes d’assurance maladie à base communautaire diocésains couvrant les soins proposés par le secteur confessionnel qui demeurent payants. En Tanzanie, les élections présidentielles et parlementaires ont eu des effets contrastés. Elles ont quelque peu perturbé les campagnes d’adhésions, mais cet effet a été plus que compensé par l’augmentation du prix du café dont a bénéficié une grande partie des adhérents aux mutuelles.
2. Evolution de la structure
Dans le cadre de sa démarche de partenariat et d’alliance, le CIDR a initié une réflexion globale sur la notion de partenariat. En parallèle, de manière opérationnelle, des alliances ont été nouées et/ou se sont poursuivies : deux programmes conjoints ont été élaborés avec l’ONG indienne Basix, la collaboration avec le CERMES s’est poursuivie ainsi que la coopération avec des réseaux mutualistes du Nord.
Un accompagnement régulier a été fait au niveau de la définition des programmes de management des connaissances de chaque département et du suivi des réalisations. Les résultats ont été insuffisants en termes d’implication des responsables de programmes et des conseillers techniques. Un autodiagnostic a été réalisé fin 2010 afin de renforcer la démarche et préciser les points d’amélioration pour 2011. Deux séminaires de formation ont été organisés sur la micro-assurance participative et sur les approches et pratiques du développement territorial.
Dans le cadre de la démarche de communication externe, une cellule de communication a été mise en place et a suivi, entre autres, l’élaboration d’une nouvelle charte graphique et d’une banque d’images et de textes. Le plan d’orientation stratégique a été présenté au Bénin en juin et a été traduit en anglais.
Dans la continuité d’un certain nombre d’évolutions organisationnelles, une direction exécutive a été mise en place en mars 2010. Une démarche d’accompagnement managérial a été initiée et a débouché sur la mise en place d’un « pacte managérial ».
3. Evolution des programmes
3.1. Département « Ingénierie, management et gouvernance des territoires »
L’année 2010 a été riche en matière de planification territoriale participative avec la finalisation des plans de développement communaux au Bénin et l’élaboration de nouveaux plans de développement de quartiers à Madagascar. Un important travail de capitalisation de ces expériences a été engagé. Un appui au renforcement et à l’évolution institutionnelle des associations de communes a permis au Groupement Intercommunal des Collines (Bénin) de concevoir de nouveaux statuts ainsi que la création d’une association de développement des quatre communes urbaines de la SAVA à Madagascar. Des actions d’accompagnement de la gouvernance intercommunale ont été menées au Bénin, auprès de l’association de communes de l’Alibori et du Borgou, et à Madagascar auprès des pôles urbains de la Diana.
2010 a été la première année d’activités opérationnelles de l’ODETA en Alibori, première agence de développement économique mise en place par des communes béninoises, avec le soutien de la Région Picardie.
Le département a démarré un nouveau programme au Togo. Un nouveau programme d’appui au développement social urbain à Diégo Suarez (Madagascar) a également été identifié et sera lancé début 2011.
3.2. Département « Entreprises agricoles, filières et marché »
L’année 2010 a été essentiellement marquée par deux temps forts dans la mise en œuvre du plan d’orientation stratégique du département :
En Afrique de l’Ouest, les programmes ont permis la création et la consolidation des ESOP, et des avancées dans le processus de professionnalisation des plateformes. Des liens ont été créés avec les IMF pour répondre aux forts besoins financiers des ESOP pour leur développement. En revanche la mise en place du fonds d’investissement a pris du retard. Sur la base de ces résultats, un programme régional a été initié avec les ONG partenaires du Mali, Burkina Faso, Togo et Bénin, en vue d’un démarrage courant 2011.
Le démarrage d’un programme d’appui à une organisation faîtière nationale de producteurs au Bénin ; et la formulation de deux programmes basés sur une approche similaire en Guinée et Côte d’Ivoire.
2010 était la dernière année d’activité du département en Ethiopie. Les résultats y sont mitigés : satisfaisants en termes d’autonomisation de la plate-forme FFARM qui a acquis une réelle reconnaissance auprès des bailleurs de fonds et entreprises privées ; moyens en ce qui concerne les actions mises en place au niveau des banques de céréales, mais décevants quant à la mise en place des interfaces (équivalents locaux des ESOP).
3.3. Département « Microfinance, entreprises et création d’emplois »
Les projets et programmes du département en 2010 se sont développés autour de quatre grandes orientations stratégiques pour la consolidation et la pérennisation des IMF par : (i) l’appui à la professionnalisation et à la bonne gouvernance au travers de l’accompagnement des processus de fusions, regroupements et alliances commerciales et stratégiques ; (ii) l’appui à la diversification de la clientèle et des implantations pour augmenter la croissance aussi bien en portée qu’en volume de transaction ; (iii) le développement de financements d’entreprises et d’entrepreneurs ; (iv) l’innovation dans l’élaboration de nouveaux produits et services à forte valeur ajoutée sociale et environnementale et la gestion de bonnes performances sociales.
En 2010, le département a travaillé avec 20 IMF, dont 9 étaient des nouveaux partenaires. Les différentes IMF se trouvant à des stades différents de développement, le CIDR a fourni des appuis adaptés. Les principaux secteurs d’appui ont été en renforcement institutionnel : gouvernance et vision stratégique, transformation et réorganisation opérationnelle, sécurisation des opérations de crédit, appui à la gestion globale des IMF, évaluation des IMF et système d’information et de gestion.
Le département poursuit l’organisation en programmes régionaux, en mettant l’accent sur l’Afrique de l’Est qui servira de modèle pour les autres régions.
3.4. Département « Systèmes de santé et prévoyance sociale »
En Afrique de l’Ouest, le programme au Sénégal a permis la création d’un pool de 8 assureurs qui se sont investis dans la création d’un Centre de Promotion de la micro-assurance santé. Au Bénin, le transfert de la responsabilité du programme au Réseau Alliance Santé a été finalisé. En Guinée, le transfert de la responsabilité du programme à l’Union UMSGF a été finalisé courant de l’année. Il s’est accompagné d’une montée en puissance du bureau exécutif et d’un appui en système d’information et de gestion, et en suivi de prestations. Les produits innovants élaborés (maternité sans risque et scolaire) ont permis d’établir de nouveaux partenariats avec le FNUAP, l’UNICEF et le HCR.
Le nouveau programme au Tchad a démarré comme convenu en partenariat avec des institutions locales, permettant une intervention à plus grande échelle et une meilleure viabilité institutionnelle.
En Tanzanie, l’articulation avec le CHF et le cofinancement obtenu ont permis une augmentation significative des adhésions et une meilleure intégration du réseau aux organes de gouvernance du CHF au niveau du district. Un nouveau volet a démarré dans le district de Kyela, ciblant les producteurs de cacao (en partenariat avec une entreprise de cacao) et les malades du Sida (en partenariat avec la Fondation Elton John). Au Kenya, la croissance des adhésions a été forte. En Ouganda, une forte implication des prestataires de soins et autorités sanitaires a permis une croissance des adhésions.
Aux Comores, la Fédération Nationale des Mutuelles de Santé a été créée. Par ailleurs, la mise en place de mécanismes de cofinancement par les migrants a été initiée avec le CERMES.
4. Eléments financiers
Le chiffre d’affaires 2010 est de 6.745.748 € en augmentation de 11% par rapport à 2009. Le total des dépenses s’élève à 6.723.757 € en augmentation de 11,3%. Le résultat net comptable est de +21.991,17 €.
L’ensemble des charges hors fonds d’action terrain passe de 2.505.501 € en 2009 à 2.676.633 € en 2010 soit une augmentation de 6,83%. Le Fonds d’Action Terrain (FAT) augmente plus fortement en 2010 (+14,54%) après deux années de stagnation.
Les ressources associatives augmentent en valeur mais baissent légèrement en pourcentage du chiffre d’affaires. Les ressources institutionnelles augmentent de 14% en 2010 et représentent 42% du chiffre d’affaires. Elles sont constituées en particulier par des financements de l’Agence Française de Développement (AFD-DTO), de la Coopération suisse, du Conseil Régional de Picardie. Parmi les autres subventions publiques on remarque la participation quasi identique en valeur mais en légère baisse en pourcentage, des financements français – AFD/DPO avec 19,7% du chiffre d’affaires pour 2010 et la hausse des financements de l’Union Européenne qui représentent 20,2% du chiffre d’affaires.
La structure a connu en 2010 une augmentation significative de ses activités. Son budget est maîtrisé tout en affectant de nouvelles enveloppes budgétaires pour des activités de communication et de formation.

