Rapport annuel 2010
1. Evolution de l’environnement sectoriel
1.1. Ingénierie de la formation
Au Bénin, le concept de l’ingénierie de la formation reste un peu nouveau. Les groupes cibles n’ont pas systématiquement la culture de la formation. Les partenaires au développement ont donné de mauvaises habitudes au sujet des formations en faveur des groupes cibles. En effet, les groupes cibles sont plus intéressés par les avantages accessoires aux activités de formation qu’à l’acquisition même des compétences. Ce constat est tout aussi valable au niveau des entreprises qui paient elles-mêmes leurs formations.
1.2. Intermédiation sociale
Il faut noter le nombre toujours croissant des ONG qui prétendent intervenir dans la mobilisation et la communication sociales sans le minimum de pré requis nécessaire. Cette situation amène à l’amateurisme de la majorité des ONG béninoises. Ce qui conduit à une crise de confiance de la part des PTF et du pouvoir public.
1.3. Promotion des AGR et microfinance
L’année 2010 a été marquée par différentes crises (financière et énergétique) de façon globale et de façon particulière de la crise de la micro finance au Bénin. En effet, des structures non autorisées ont réussi à spolier les populations surtout urbaines en les convainquant abusivement par des taux d’intérêt irréalisables de placement d’argent.
2. Evolution de la structure
En vue de son développement et de son professionnalisme, la MJCD a adhéré à l’AIDR (Alliance Internationale de Développement et de Recherche). Cette adhésion lui permet de nouveaux horizons d’échanges et de renforcement de capacités avec une vingtaine d’ONG africaines et françaises.
La MJCD a élaboré son plan stratégique triennal de développement (2011-2013). A travers ce plan la MJCD a révisé ses domaines d’intervention et se focalise désormais sur le développement décentralisé à travers l’ingénierie de la formation et le renforcement des capacités, la promotion du partenariat public-privé à la base. Certaines formations de renforcement des capacités du personnel ont été menées, notamment sur la gestion des projets et la gestion du temps.
Toutes les réunions statutaires des différents organes clés ont été tenues (AG et CA). La MJCD a continué ses activités de mobilisation de ressources internes (Institut Phénix).
3. Evolution des programmes
La MJCD a conformément à sa mission, mis en œuvre au cours de l’année 2010 des activités entrant dans le cadre de ses domaines d’intervention. Deux séries d’activités ont été mises en œuvre. Il s’agit comme d’habitude des activités de renforcement des capacités ou de formation et les actions d’intermédiation sociale. La plupart des actions entreprises concourent à :
- La réalisation des OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement), donc contribuent à la réduction de la pauvreté,
- Assurer l’éducation primaire pour tous, la promotion de la femme et
- La lutte contre le Sida, le paludisme et la Tuberculose
3.1. Les activités de renforcement des capacités
Elles ont été mises en œuvre à travers :
- Le Programme Pluriannuel Eau et Assainissement avec la SNV,
- Le Projet d’Appui au Secteur de l’Education au Bénin (PASEB),
- Des actions de lutte contre le Sida,
- Le projet d’appui à l’emploi
Plusieurs actions de formations ont été développées à l’endroit des élus locaux et personnel des mairies, les jeunes sans emploi, les jeunes en apprentissage, les acteurs de gestion des cantines scolaires communautaires, le personnel des ONG nationales et internationales et des entreprises.
3.2. Les actions d’intermédiation sociale
Elles ont couvert plusieurs secteurs. Dans le secteur de l’éducation, 2010 a permis de renforcer les capacités des communes pour une meilleure prise en compte des activités de scolarisation des enfants. Le partenariat avec la SNV a permis à la MJCD de renforcer les Comités communaux de l’Education des communes de Toucountouna et de Matéri et d’organiser avec eux un diagnostic sur la problématique de la scolarisation des enfants, en l’occurrence des filles, d’identifier les ressources locales mobilisables pour la promotion des activités du secteur de l’éducation et l’élaboration d’un plan de mobilisation desdites ressources.
La promotion de la scolarisation des enfants à travers l’alimentation scolaire s’est poursuivie dans le Zou avec le programme PASEB à travers son volet cantines scolaires communautaires. Le suivi de la qualité nutritionnelle, la quantité et la régularité des repas est effectué. Les actions d’éducation sanitaires sont organisées régulièrement dans les écoles. Une stratégie de mobilisation et de gestion de contribution communautaire a été expérimentée cette année scolaire et a permis à certaines écoles de faire le petit déjeuner aux enfants pour renforcer le déjeuner. Treize écoles ont bénéficié de prix, vu leur performance par rapport aux indicateurs définis dans le cadre du projet.
La lutte contre le paludisme a été entreprise en 2010 avec deux partenaires que sont PSI et le PNLP à travers les projets PMI et PALP dans la ville de Cotonou avec pour cibles les enfants de moins de 5ans, les femmes enceintes et les femmes gardiennes d’enfants. La Communication pour un Changement de Comportement (CCC) pour la prise en charge du paludisme, les actions préventives et le TPI ont été les principales thématiques développées.
Avec le Programme National de Tuberculose (PNT) la lutte contre la tuberculose dans une approche communautaire a été effective dans les quartiers de Cotonou à l’endroit des élèves et écoliers, les femmes des marchés et les populations de certains quartiers de la ville de Cotonou. Fruit du partenariat entre le PNT et la MJCD, les activités de lutte contre la tuberculose se sont poursuivies en 2010 et constituent un gage de développement pour les populations. Quarante trois (43) séances de sensibilisation sont organisées et ont touché 1371 personnes.
Dans le domaine de la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et le VIH sida, l’année 2010 a connu le démarrage de nouveaux projets et la poursuite d’anciens projets axés sur la lutte contre la pandémie du siècle (le VIH/SIDA) et les IST qui ne cessent de faire ravage parmi les couches vulnérables que sont les jeunes, les travailleuses de sexe (TS) et les routiers. La mission d’assistance à la mise en œuvre des activités de lutte contre le Sida dans la ville de Cotonou mise en œuvre dans le cadre du deuxième Projet de Gestion Urbaine Décentralisée (PGUD II) SERHAU SA et financée par la Banque Mondiale et le Gouvernement béninois, a permis de former les déscolarisés et les conducteurs de taxi motos et les membres du Comité Municipal de Lutte contre le VIH SIDA de la ville de Cotonou. Par ailleurs, avec le deuxième Projet Multisectoriel de Lutte contre les IST/VIH/SIDA (PMLS II) à travers le sous projet « Sensibilisation des déscolarisés pour un monde sans Sida en milieu artisan », les déscolarisés de quinze salons et ateliers du premier au quatrième arrondissements de la ville de Cotonou, sont régulièrement sensibilisés sur les voies de transmission et les mesures de prévention, le port correct et systématique du préservatif afin de promouvoir en leur sein des comportements responsables et éviter les IST et le VIH/SIDA ; des séances de dépistage volontaire sont également organisées pour leur permettre de connaitre leur état sérologique. Le financement de l’USAID par l’entremise du projet IMPACT de PSI Bénin, en plus des cibles des jeunes (élèves, étudiants et déscolarisés), a élargi les interventions en direction des cibles comme les travailleuses de sexe (TS) et les routiers.
La réalisation des infrastructures s’est poursuivie avec le PASR II (Programme d’Appui au Secteur Routier) fruit du partenariat entre la MJCD et COWI/DANIDA. L’année 2010 a vu la réalisation de plus de 60 km de piste devant desservir 15 arrondissements des communes du plateau avec pour stratégie l’approche HIMO.

